Juin 2004 - Spécialité : l'eau de dakin

L'eau de Dakin est un antiseptique utilisé pour le lavage des plaies et des muqueuses. Elle a une couleur rose et une odeur chlorée.
L'étiquette du flacon mentionne les principes actifs pour un volume V = 100 mL : "solution concentrée d'hypochlorite de sodium, quantité correspondant à 0,500 g de chlore actif - permanganate de potassium 0,0010 g - dihydrogénophosphate de sodium dihydraté - eau purifiée". En outre, l'eau de Dakin contient des ions chlorure.

Cet exercice propose de vérifier une partie des indications de l'étiquette.

La question 1. est indépendante des questions 2. et 3.

Données :

Masses molaires atomiques
M(O) = 16,0 g · mol-1 ; M(Na) = 23,0 g · mol-1 ; M(Cl) = 35,5 g · mol-1
M(K) = 39,0 g · mol-1 ; M(Mn) = 55,0 g · mol-1

Solubilité du dichlore à 20 °C :
- dans l'eau : 8 g · L-1
- dans l'eau salée : très peu soluble.

Volume molaire gazeux dans les conditions de l'expérience : VM = 24,0 L · mol-1


1. Dosage par spectrophotométrie du permanganate de potassium en solution

1.1. Afin de réaliser une échelle de teintes, on prépare un volume V0 = 500 mL d'une solution mère S0 de permanganate de potassium à la concentration molaire en soluté apporté c0 = 1,0 · 10-2 mol · L-1.
Calculer la masse de permanganate de potassium solide (de formule KMnO4) à peser pour préparer cette solution par dissolution.


c0 = n0 / V0 avec n0 = m0 / M
Þ m0 = n0 M = c0 V0 M
Application numérique :
m0 = 1,0 · 10-2 × 500 · 10-3 × (39,0 + 55,0 + 4 × 16,0)
m0 = 0,79 g


1.2. La solution S0 permet de préparer une échelle de teintes constituée par cinq solutions dont on mesure l'absorbance A à la longueur d'onde 530 nm.

Solution S1 S2 S3 S4 S5
Concentration c (mol · L-1) 1,0 · 10-4 8,0 · 10-5 6,0 · 10-5 4,0 · 10-5 2,0 · 10-5
A 0,221 0,179 0,131 0,088 0,044

1.2.1. Tracer la courbe représentante A = ƒ(c) sur papier millimétré.
Echelle des abscisses : 1 cm pour 0,5 · 10-5 mol · L-1
Echelle des ordonnées : 1 cm pour 0,01

Déterminer la relation numérique entre A et c.


La courbe est une droite qui passe par l'origine donc A et c sont proportionnelles.
On peut donc calculer le coefficient directeur de cette droite.:

A = k c   avec k = 2,2 · 103 L · mol-1



1.2.2. À partir du spectre d'absorption ci-dessous (figure 1) réalisé avec une solution de permanganate de potassium, expliquer comment on a choisi la longueur d'onde pour cette étude.


Figure 1



Pour avoir la meilleure précision, on s'est placé à la longueur d'onde la plus absorbée par la solution de permanganate de potassium.
Graphiquement on trouve environ
l = 530 nm.


1.2.3. Ce spectre a-t-il été réalisé avec une solution de concentration molaire plus élevée ou plus faible que celles du tableau précédent ? Justifier sans calcul.


Sur ce spectre l'absorbance pour l = 530 nm vaut 2,5 ce qui est supérieur aux absorbances du tableau précédent. Or l'absorbance est proportionnelle à la concentration de la solution. Donc ce spectre a été réalisé avec une solution plus concentrée que les autres.


1.3. L'absorbance de l'eau de Dakin à la longueur d'onde l = 530 nm est 0,14.
A cette longueur d'onde, et pour les concentrations des espèces chimiques de l'eau de Dakin, on admettra que seul le permanganate de potassium intervient dans la mesure de l'absorbance.

1.3.1. En déduire la concentration molaire cexp en permanganate de potassium apporté de l'eau de Dakin.


Sur la droite, le point d'ordonnée A = 0,14 a pour abscisse :

cexp = 6,35 · 10-5 mol · L-1


1.3.2. À partir des données de l'étiquette, calculer la concentration molaire c en permanganate de potassium apporté de l'eau de Dakin et comparer au résultat expérimental. Pour cela, on calculera si cela est nécessaire, l'écart relatif et on l'exprimera en pourcentage.


D'après l'étiquette cette eau contient m = 0,0010 g de permanganate de potassium pour V = 500 mL de solution.
Or c = n / V avec n = m / M
Application numérique :
c = 6,33 · 10-5 mol · L-1
L'écart relatif est :
=
½ ( 6,33 · 10-5 - 6,35 · 10-5 ) / 6,33 · 10-5 ½ = 0,003 = 0,3 %
Cet écart relatif est très faible.



2. Détermination de la masse de chlore actif

2.1. Une définition de la masse de chlore actif correspond à la masse de dichlore dégagé lors de la transformation chimique modélisée par la réaction en milieu acide dont l'équation s'écrit :

Cl-(aq) + CIO-(aq) + 2 H+(aq) = Cl2 (g) + H2O(l) (1)

Connaissant les deux couples oxydant/réducteur Cl2 / Cl- et CIO- / Cl2, écrire, dans le cas de cette réaction, la demi-équation associée respectivement à chaque couple.

2 Cl- = Cl2 + 2 e-
2 CIO- + 4 H+ + 2 e- = Cl2 + 2 H2O

2.2. Afin de vérifier l'indication de l'étiquette concernant la masse de chlore actif, on verse un excès d'acide chlorhydrique dans un volume V = 100 mL d'eau de Dakin. On réalise ainsi la transformation chimique modélisée par la réaction associée à l'équation (1). On recueille, sous la hotte, dans une cuve contenant de l'eau salée, un volume v = 170 mL de dichlore.

2.2.1. Justifier l'utilisation de l'eau salée pour la récupération du dichlore.


Comme le dichlore est très soluble dans l'eau mais très peu soluble dans l'eau salée, cette dernière permet de recueillir le dichlore dégagé.


2.2.2. Calculer la masse de dichlore recueilli et la comparer à l'indication portée sur l'étiquette en calculant l'écart relatif et en exprimant celui-ci en pourcentage.


La quantité de matière de dichlore dans V = 170 mL est :
nCl2 = V / VM = 170 · 10-3 / 24,0 = 7,08 · 10-3 mol
La masse de dichlore est donc : mexp = nCl2 MCl2 = 7,08 · 10-3 × 71,0 = 0,503 g
L'écart relatif est : =
½ ( 0,500 - 0,503 ) / 0,500 ½ = 0,006 = 0,6 %
Cet écart relatif est très faible.



3. Rôle du dihydrogénophosphate de sodium dihydraté

Dans l'eau de Dakin le dihydrogénophosphate de sodium permet de maintenir basique la solution.
Donner une raison justifiant la nécessité de maintenir basique l'eau de Dakin.


On a vu qu'en milieu acide cette eau de Dakin se dénaturait en libérant du dichlore.
Comme le dihydrogénophosphate de sodium maintient la solution basique, il évite ce dégagement gazeux toxique. La solution peut ainsi se conserver.

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